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Quelle chance de goûter la boulette d’Avesnes…

Tous Avesnois!

On part plein nord essayer ce fromage conique qui porte bien son nom : Boulette d’Avesnes, au lait de vache, à pâte molle, non pressée et non cuite.

Il porte aussi au passage celui de la capitale de la région. Non ce n’est pas la ville de Boulette.

En 1595, les bénédictins de l’abbaye de Liessies font mention dans leurs écrits d’un « fourmage de boulette » (ça veut dire un fromage en forme de boulette, je traduis pour ceux d’entre vous qui n’ont pas eu la chance de faire de l’ancien français), niveau fromage historique on est servis, dans certains textes on parle de 1400!

Dans le temps, le mois d’Août venu, on appelait ça le « temps des boulettes » (notons que sur certaines plages la tradition est toujours respectée) et les femmes en prévision de l’arrière saison et de l’hiver, confectionnaient des boules (qui a dit puantes?) à base de babeurre ou de fromage blanc très pressé, d’estragon, de sarriette, un peu de persil hâché, de poivre.

Puis elles mettaient leurs boules sur le bord de la fenêtre et les laissaient sécher un mois puis les lavaient à la bière et direction la cave pour 3 mois encore.

Maintenant c’est un mélange de brisures de Maroilles gaffu (trop affiné, c’est de bon augure…), de Maroilles non affiné et d’estragon roulé dans le paprika ou le rocou. En clair, la recette n’a plus grand chose à voir. Passons à la dégustation.

photo (8)

(assiette et nappes prêtées par le stand 17 Mimi les assiettes, Puces du Canal, Lyon, France)

Les nez familiaux ont tellement été mis à contributions qu’ils ont menacé de faire grève. Les enfants ont dit que ce fromage sentait le vomi, les pieds qui puent. Il est vrai qu’à l’odeur on pense rapidement serpillière abandonnée, mais pour essayer de ne pas être persona non grata dans le nord, disons très rustique, forte, épicée partout.

La consistance est pâteuse, souple et collante.

Le goût puissant, âcre, emporte la bouche, chose qui ne nous dérange pas au demeurant mais on a trouvé que c’était au détriment du goût, pour ne pas dire du plaisir. A choisir si on veut de la force sans subtilité.

On aurait pourtant envie de l’aimer avec sa pointe rouge! Soit nos palais ne sont pas assez aguerris, soit le fromage l’est trop.

En tout cas, si vous voulez parfumer vos pièces avec quelque chose de conique tournez vous plutôt vers l’encens.

Monsieur le caviste nous a conseillé un Corbières Haut-Gléon, très bon mariage, il faut dire qu’il avait lui même fait une dégustation des deux ensemble quinze jours auparavant.

Le saviez-vous? Il existe une confrérie de la boulette d’Avesnes dont la devise est « De nos fromages Avesnois, l’éloge tu feras ».

A votre avis je suis grillée?

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